Nous nous sommes intéressés aux pères fondateurs de la pédagogie de projet pour faire des recherches sur les fondements du conseil de coopération. Nous nous sommes concentrés sur ce qui pouvait être un conseil de coopération selon les idées de Dewey, Profit, Freinet et Piaget. Nous pouvons ainsi comprendre que le conseil de coopération est un outil très important lors de la pédagogie de projet.
En ce qui concerne John Dewey, on ne parle pas nécessairement de conseil de coopération, mais plutôt de la coopération en classe. Il mentionne que la coopération est fondée sur les attitudes et les valeurs des élèves. La coopération c’est : « mettre en commun des échanges authentiques et prendre conscience des buts de celle-ci » (Daniel et Schleifer, 1996, page 42). Pour ce faire, la motivation intrinsèque doit abonder dans le même sens que tous les autres apprenants en contexte de collaboration. Il faut aussi être conscient de la sensibilité par rapport à soi-même et par rapport à l’autre. Un critère fondamental de la coopération selon Dewey est le partage. Le partage n’est pas en lien avec la division et la distribution des tâches, mais plutôt par rapport à l’échange d’idées, d’opinion et de point de vue. Il est donc, important, selon Dewey, d’exprimer les divergences d’opinions et d’idées en contexte coopératif. Enfin, pour Dewey, lors d’une coopération en classe les élèves doivent travailler sur leur motivation intrinsèque. Ils doivent l’utiliser pour tendre vers le but commun et ce but doit être central pour tous. Lorsque les élèves coopèrent, ils doivent participer activement, respecter leurs intérêts et leurs besoins pour s’engager dans l’élaboration et l’atteinte de buts communs (Daniel et Schleifer, 1996, page 40). Il faut ainsi aborder les désaccords des élèves lors d’une coopération en classe, selon Dewey (Gamble, 2002).
Parlons maintenant de Barthélemy Profit. Ce n’est pas un père fondateur de la pédagogie de projet, mais il est intéressant de s’y attarder lorsqu’il est question des fondements du conseil de coopération. C’est le premier à avoir mis en évidence la pédagogie de coopération scolaire. Il insiste sur l’enseignement de la solidarité. Selon lui, la coopération est une valeur forte qui doit être travaillée à l’école et ainsi favoriser l’intention citoyenne de l’éducation (Bigard, 2017).
Il est important d’aborder le père fondateur du conseil de coopération, Célestin Freinet. Il a défini celui-ci comme étant un bien commun, les liens dans le groupe classe, un outil d’autogestion, un forum de discussion et aussi l’école de la démocratie. Freinet parle d’un conseil de coopération fondé sur quatre piliers soit : l’expression libre, la coopération, les techniques éducatives et le tâtonnement expérimental. Il ne veut pas que l’enfant soit un objet, mais plutôt au cœur des prises de décisions lors d’un conseil de coopération. Il est alors important de centrer ce dernier sur les intérêts et les besoins des élèves. C’est dans les travaux de Freinet qu’on peut voir le concept de journal mural. Ce « tableau » est affiché dans la classe et comprend quatre colonnes : Je critique, je félicite, je voudrais et je réalise. Il est évident que les journaux muraux peuvent être différents que le modèle proposé par Célestin Freinet. Cependant, il est important d’appuyer la réunion du conseil de coopération à l’aide d’un support visuel (Bigard, 2017).
Un autre père fondateur de la pédagogie de projet qui aborde le conseil de coopération est Jean Piaget. Celui-ci met en évidence la structure cognitive qui va de pair avec la coopération. Cela consiste à dire que le conflit cognitif est important : il doit être présent entre les élèves afin d’utiliser leurs conceptions erronées et ainsi bonifier leur compréhension des sujets abordés (Thousand, Villa et Nevin, 1998 et Jacob, 1999). Piaget est un représentant de la perspective socioconstructiviste et cette perspective a également été abordée par Lev Vygostky. Ce dernier mentionne que l’enfant doit construire ses connaissances par les interactions sociales et cela rejoint le principe du conseil de coopération : les interactions sociales entre les élèves sont valorisées et représentent une source d’apprentissage. Pour terminer, selon Piaget, pour déterminer une démarche coopérative, il faut que les acteurs partagent des buts communs, prennent des décisions, partagent des idées et du matériel, négocient et évaluent leur propre progrès (Gamble, 2007).
Gamble, J. (2002). Pour une pédagogie de la coopération. Éducation et francophonie, 30(2), 30-2.
Marie Bigard. En quoi le développement de la coopération permet-il d’améliorer le climat scolaire ? Cas pratique : la mise en place d’un conseil de coopération. Education. 2017.
Nevin, A., Villa, R. A., & Thousand, J. S. (1998). La créativité et l’apprentissage coopératif. Montréal: Éditions Logiques.
Illustrations:
Célestin Freinet: https://education.entre-coeurs.org/pedagogie-freinet/?fbclid=IwAR1uaPVCUdFyEuVjYQKar8TjATHmMUIClstsjd5XXTJVJ6I1AW9BiYD-uXA
Jean Piaget: https://www.britannica.com/biography/Jean-Piaget?fbclid=IwAR3KSuXsmhzHNDGakOTMp1SLSpdShSLIFp-uB3tGuh5RBjKWcdY5K5XSA-E