Démarche

Tout d’abord, il est important de préciser qu’il n’existe pas « qu’une seule bonne façon » de faire un conseil de coopération. Les informations résumées ci-dessous sont des suggestions et chaque enseignant peut décider d’ajouter ou d’enlever des éléments. Avant toute chose, il est nécessaire que l’enseignant souhaitant mettre en place un conseil de coopération dans sa classe soit conscient que cela engendre une charge de travail supplémentaire. En effet, il doit planifier et animer les réunions, agir comme secrétaire (lorsque les élèves sont plus jeunes), s’assurer du suivi entre chaque réunion et intervenir lorsqu’il y a des débordements. Ensuite, il est nécessaire que l’enseignant prépare les élèves au fonctionnement du conseil de coopération tout en les familiarisant au concept de démocratie. L’enseignant doit également se questionner afin de savoir s’il se sent prêt à « cogérer » son pouvoir décisionnel avec les élèves. La mise en place d’un conseil de coopération n’est pas simple et rapide, mais elle vaut certainement la peine que l’enseignant (et les élèves) s’y engage (Archambault, Chouinard, 2016).

Avant de commencer le conseil de coopération :

Premièrement, il est nécessaire d’informer les élèves de votre intention de mettre en place un conseil de coopération dans la classe. Les causes de cette décision doivent être aussi exprimées. Lors de cette discussion, vous pourrez mentionner aux élèves que grâce à ce conseil, ils pourront jouer un rôle actif quant à la prise de décisions, l’organisation de la classe et les projets mis en place. Ils pourront également trouver des solutions de façon collective lorsqu’il y a des difficultés vécues au sein du groupe.

Deuxièmement, il est possible de faire une mini-leçon sur le concept de coopération. Mettre les élèves à contribution quant à la recherche de définitions et d’exemples s’avère être une stratégie efficace. Il est important que l’enseignant mette l’accent sur l’importance d’avoir des buts communs en tant que classe.

Troisièmement, il est possible de présenter aux élèves un exemple de journal mural. Ce type d’outil, inspiré de la pédagogie de Célestin Freinet, permet d’établir l’ordre du jour du conseil de coopération. Nous vous proposons de diviser votre journal en trois sections : Je félicite, Je veux parler de et Je propose. Ces trois sections permettent alors de traiter de l’ensemble des sujets prévus au conseil de coopération. Encore une fois, vous pouvez adapter votre journal mural au besoin de vos élèves. Le journal peut prendre la forme d’un babillard affiché au mur, mais il peut prendre place au tableau numérique interactif sans problème. Tout dépend de vous ! Lorsque vous présentez le journal, il est nécessaire de nommer des exemples concrets pouvant se retrouver dans chacune des catégories. Par exemple, un élève pourrait en féliciter un autre, car il a amélioré son comportement durant la semaine. Ensuite, un autre élève pourrait avoir envie de parler d’une problématique lors de la prise de rang. Pour terminer, un élève pourrait proposer un repas communautaire avec les bénévoles de l’école.

Quatrièmement, il est nécessaire de mentionner aux élèves qu’ils devront noter sur des papiers, par exemple, les sujets qu’ils souhaitent aborder lors du conseil de coopération. Ces papiers pourraient être disposés dans une boite et celle-ci serait ouverte lors de la réunion, une fois par semaine. Les félicitations, les problématiques ou encore les idées doivent être notés (Dogot, 2019).

Durant le conseil de coopération :

Les conseils de coopération ont lieu une fois par semaine et sont d’une durée de plus ou moins une heure. Il est important que l’enseignant rappelle les règles lors de la réunion. Voici quelques règles qui pourraient s’avérer pertinentes : être assis, lever la main pour demander la parole, s’exprimer de façon respectueuse et être attentif. Comme le conseil de coopération vise l’implication des élèves dans le processus décisionnel, l’enseignant peut faire adopter les règles par les élèves. Ainsi, si ces derniers les ont approuvés, les élèves seront plus enclins à les respecter. La disposition de l’espace est également importante : afin de favoriser l’écoute, il est recommandé que les élèves soient assis en forme de cercle. Cette disposition physique favorise le regard et l’attention (Dogot, 2019).

L’enseignant doit inscrire l’ordre du jour au tableau. Voici un exemple d’ordre du jour :

« 1. Retour sur la réunion précédente.

2. Le nom de la classe

3. Le vol des biscuits.

4. Les nouveaux ballons.

5. Les jeux à la récréation.

6. Les nouvelles responsabilités.

7. Qui s’occupera des escargots?

8. Les félicitations et les remerciements.

9. Les critiques.

10. Comment va la classe ? » (Asselin, 1996)

Durant les diverses communications lors du conseil de coopération, il est intéressant de rappeler aux élèves le concept de « Message au Je » qui aurait été abordé préalablement. Ainsi, l’enseignant s’assure que les communications sont respectueuses. De cette façon, l’enseignant peut prévenir certains débordements (Dogot, 2019).

MÉDIAGRAPHIE

Archambault, Jean. Chouinard, Roch. Vers une gestion éducative de la classe, 2016, Gaëtan Morin Éditeur, Chenelière éducation, 334P.

Asselin, Hélène. (1996). Le conseil de coopération. Québec français, (103), 33–35. Document en ligne repéré à : https://www.erudit.org/fr/revues/qf/1996-n103-qf1377390/58558ac/

Dogot, Yasmine. Le conseil de coopération, un outil pour organiser la vie de la classe et gérer les relations, 2019, Document en ligne repéré à : http://www.partagerdespratiques.be/helha/resources/Le_conseil_de_cooperation.pdf